Bien choisir sa banque pro quand on est un professionnel


Véronique Maurice - Entrepreneuse, Expert Comptable

Pour un dirigeant d’entreprise, bien choisir sa banque pro est triplement complexe. Complexe pour l’obtention d’emprunt, le soutien et enfin les frais. Le choix d’une banque ne se fait pas à la légère.

Bien choisir sa banque pro au moment de la création de votre société

Et oui, choisir sa banque se fait au moment de la création de votre société. Petit rappel, vous devez obligatoirement disposer d’un compte professionnel quand vous montez une société. Vous ne pouvez pas faire autrement. Alors qui allez voir ? Souvent, si vous n’avez pas d’emprunt, votre premier réflexe sera souvent d’aller demander à votre banque personnelle. Et puis, votre conseiller personnel est sympa. En soi, cela n’est pas dénué de sens mais 2 points sont importants à souligner :

  • Ce n’est pas votre conseiller habituel qui s’occupera de votre compte professionnel. Dans 95% des cas, les conseillers se repartissent entre l’activité bancaire des particuliers et celles des professionnels. Donc, en revenant à votre conseiller personnel sympa et bien cela ne sera pas le même.
  • Ce n’est pas nécessairement une bonne idée de regrouper tous vos comptes dans la même banque. Si votre entreprise rencontre des difficultés, vous ne disposerez pas d’un grand champ de manoeuvre.

Pour information, les banques demandent souvent même en l’absence d’un emprunt un prévisionnel d’activité.

Bien choisir sa banque pro pour l’emprunt

Clairement, la banque vous demandera un prévisionnel. C’est une certitude dans ce cas là. De surcroît, il devra être réalisé par un professionnel des chiffres, en l’occurence un expert-comptable. Sur le plan des emprunts, toutes les banques ne sont pas loties de la même façon. Phénomène de mode, stratégie bancaire, notions de risques ? Quelqu’en soit la raison, certaines banques ne suivent pas ou difficilement certaines activités. Elles ne l’affirmeront pas nécessairement mais à la lecture de leur demande, vous devrez comprendre qu’il est peut être temps de changer. Ainsi, et nous l’avons vu, certaines banques demandent jusqu’à 50% d’apport personnel sur un achat de fonds de restauration. La norme étant plutôt de 25 à 30%.

Pour mémoire, les emprunts professionnels ont des durées de remboursement qui s’étalent sur :

  • 5 ans pour le matériel professionnel,
  • 7 ans pour l’acquisition de fonds de commerce ou de titres de société,
  • 15 ans pour l’achat de locaux professionnels.

Vous rajouterez au taux d’intérêt annuel (actuellement à peine supérieur à 1%) les frais suivants :

  • les frais de dossiers (généralement 500 euros),
  • le coût de l’assurance décès invalidité (obligatoire systématiquement),
  • les frais de la caution de type BPI (on dépasse souvent les 3.000 euros mais cela peut être beaucoup plus important),
  • ainsi que les éventuels frais d’un courtier d’emprunt auquel vous avez fait appel. Cela vous facilite souvent vos recherches.

bien choisir sa banque pro

Bien choisir sa banque pro par rapport aux frais

S’agissant des frais mensuels, toutes les banques ont un point commun : elles appliquent systématiquement des frais à tous les comptes. Certaines banques sont même très ingénieuses en la matière. on retrouve en vrac :

  • les frais d’accès à votre compte,
  • l’abonnement mensuel,
  • la facturation annuelle pour vous informer que vous êtes caution d’un emprunt (on retrouve 250 euros assez fréquemment),
  • la lecture de votre bilan (et oui, en leur donnant, certaines banques vous facturent 150 euros pour le lire),
  • les interventions en cas de découvert,
  • les chèques revenus impayés de vos clients (17 euros en général). Cela vous donne le sentiment d’être sanctionné 2 fois,
  • le pompon : un pourcentage sur les entrées d’argent et sur les sorties. On se croirait revenir au moyen-âge avec la dîme de l’église,
  • et puis d’autres commissions, primes, interventions et autres frais auxquels un article de 5.000 mots serait nécessaire pour les énumérer. Vous ne me croyez pas ? Demandez les conditions tarifaires de votre banque.

Pour conclure, on aurait presque oublier l’essentiel : la relation  entre le dirigeant et son chargé d’affaires. C’est primordial et cela vous fera souvent oublier tout ce qui est indiqué au dessus. Finalement, le rapport humain, c’est ce qui a de mieux chez les banquiers.